Montreux et le Montreux Jazz Festival dans l’histoire de Claude Nobs
La promenade, les scènes et le lac composent un paysage musical indissociable du fondateur du festival.

Montreux occupe une place singulière dans l’histoire musicale de la Suisse. Au bord du Léman, entre les quais, les hôtels historiques et les pentes boisées des Préalpes vaudoises, la ville est devenue un point de rencontre international grâce au Montreux Jazz Festival. Pendant plusieurs décennies, Claude Nobs a contribué à façonner cette identité en accueillant des artistes de styles et de générations très différents.
Né en 1936 à Territet, dans la commune de Montreux, Claude Nobs a commencé sa carrière à l’office du tourisme local. En 1967, il a fondé le festival avec le journaliste René Langel et le pianiste et compositeur Géo Voumard. La première édition s’est déroulée au Casino de Montreux. Le projet, d’abord conçu comme un rendez-vous musical de quelques jours, a progressivement pris une dimension internationale.
Une ville façonnée par la musique
Le festival a contribué à inscrire Montreux sur la carte du jazz, mais son histoire ne se limite pas à un seul genre musical. Au fil des éditions, la programmation a réuni le jazz, le blues, la soul, le rock, la musique brésilienne, le funk et d’autres formes de création contemporaine. Des artistes comme Nina Simone, Miles Davis, Aretha Franklin, Ella Fitzgerald et James Brown ont participé à cette histoire.
Claude Nobs était réputé pour sa connaissance attentive des musiciens et pour sa capacité à créer des liens entre les artistes, les organisateurs et le public. Son rôle ne se résumait pas à la direction administrative du festival. Il défendait une conception ouverte de la programmation, dans laquelle une formation reconnue pouvait côtoyer un artiste encore peu connu du grand public.
Le Casino de Montreux et l’incendie de 1971
Le Casino de Montreux est associé à l’un des épisodes les plus connus de la mémoire musicale de la région. Le 4 décembre 1971, un incendie s’est déclaré pendant un concert de Frank Zappa. Le bâtiment a été détruit et le festival a dû repenser ses lieux d’accueil pour les éditions suivantes.
L’événement a également inspiré la chanson Smoke on the Water de Deep Purple. Le groupe se trouvait dans la région au moment de l’incendie et a ensuite transformé cet épisode en récit musical. Les paroles ont contribué à diffuser le nom de Montreux bien au-delà de la Suisse, même si la chanson appartient à l’histoire du rock plutôt qu’au répertoire du festival lui-même.
Après l’incendie, le festival a utilisé plusieurs espaces de la ville, notamment le Centre des congrès et de musique de Montreux, connu aujourd’hui sous le nom de 2m2c. Cette évolution a renforcé le lien entre la manifestation et le paysage urbain: les concerts se sont inscrits dans une ville déjà marquée par ses quais, ses salles historiques et ses établissements hôteliers.
Une promenade entre le lac et les lieux de mémoire
Pour comprendre l’atmosphère de Montreux, une promenade le long du Léman constitue un itinéraire particulièrement évocateur. Depuis la gare, on peut descendre vers les quais et suivre la rive en direction de Territet et de Chillon. Le parcours permet d’observer les montagnes, les jardins, les sculptures et les façades de la ville, tout en gardant à l’esprit que ces mêmes paysages ont accueilli des artistes venus du monde entier.
- Les quais de Montreux: un espace public offrant une vue dégagée sur le lac et les sommets environnants.
- Le Centre des congrès et de musique: l’un des principaux lieux associés à l’histoire moderne du festival.
- Le Casino de Montreux: un site lié aux premières années de la manifestation et à l’incendie de 1971.
- Territet: le quartier où Claude Nobs est né et qui rappelle l’ancrage local de son parcours.
- Le château de Chillon: un monument voisin de Montreux, régulièrement associé à la découverte culturelle de la Riviera vaudoise, même s’il ne constitue pas un lieu du festival.
Cette promenade ne doit pas être comprise comme un parcours officiel consacré à Claude Nobs. Elle permet plutôt de relier plusieurs repères géographiques et historiques: le lieu de naissance du fondateur, les espaces de concert et le paysage qui a contribué à l’identité de Montreux.
Le chalet de Claude Nobs et la conservation des archives
Claude Nobs vivait dans un chalet situé sur les hauteurs de Caux, au-dessus de Montreux. Le lieu est devenu connu pour son environnement privé et pour les rencontres informelles entre musiciens. Des artistes y ont été reçus dans un cadre plus intime que celui des grandes salles de concert. Il ne s’agit toutefois pas d’un site public à visiter librement: les informations disponibles sur ce chalet doivent être distinguées d’un musée ou d’un monument ouvert au public.
Une part importante de l’héritage de Claude Nobs réside dans les archives audiovisuelles du festival. Enregistrements de concerts, photographies, affiches et documents de production témoignent de l’évolution de la scène musicale depuis 1967. La collection du Montreux Jazz Festival a été inscrite au Registre international « Mémoire du monde » de l’UNESCO en 2013, ce qui souligne son importance pour la mémoire culturelle et audiovisuelle.
Une mémoire qui dépasse le jazz
Le nom du festival est resté associé au jazz, mais son patrimoine raconte une histoire plus large de la musique populaire. Les archives permettent de suivre les transformations des pratiques scéniques, de l’enregistrement et de la diffusion des concerts. Elles montrent également comment une manifestation locale peut devenir un observatoire des évolutions culturelles internationales.
À Montreux, la mémoire musicale se lit à la fois dans les archives, dans les salles et dans le paysage au bord du Léman.
Claude Nobs est décédé en janvier 2013, quelques mois avant l’inscription de la collection du festival au Registre « Mémoire du monde ». Le festival a poursuivi son activité après sa disparition, tandis que son héritage demeure lié à une manière particulière de concevoir l’accueil des artistes et la relation entre une ville et sa vie culturelle.
Repères pour une découverte culturelle
Une découverte de Montreux à travers Claude Nobs peut commencer par les quais, se poursuivre autour des lieux historiques du festival et s’achever par la consultation de documents conservés dans les institutions compétentes. Les horaires d’accès, les règles de visite et les lieux d’exposition pouvant changer, il est préférable de vérifier les informations auprès des organismes culturels officiels avant tout déplacement.
Cette approche permet de replacer le Montreux Jazz Festival dans son contexte: une manifestation née en Suisse romande, développée autour du Léman et devenue un important témoignage de l’histoire musicale contemporaine. L’héritage de Claude Nobs se retrouve ainsi moins dans un monument unique que dans un ensemble de lieux, de récits, d’archives et de souvenirs partagés.
Sources et repères documentaires
- Montreux Jazz Festival, archives et chronologie officielle de la manifestation.
- UNESCO, Registre international « Mémoire du monde », collection du Montreux Jazz Festival.
- Fondation Claude Nobs, éléments biographiques et patrimoniaux consacrés à son fondateur.
- Ville de Montreux et autorités culturelles vaudoises, informations historiques sur les lieux de la Riviera.
- Archives de la presse suisse consacrées à l’incendie du Casino de Montreux en 1971 et à l’histoire du festival.